Fréjus-côté jardin : une ville de caractère où il fait bon respirer
Urbanisme
Vous ne l'aimez pas, cette jolie boite carrée qui a poussé sur la rue Paul Bret ? Vous n'êtes pas dans le vent, les amis, modernisez vos goûts!
Et la nature, peuchère!


Quand les façades se rapprochent des trottoirs jusqu'à les toucher, voilà ce que devient la frondaison des arbres. Pas sûr que la biodiversité y trouve son compte! Pourquoi, dans les quartiers qui ne sont pas encore saturés de béton, ne pas imposer des reculs plus généreux ?


Mais les résidences secondaires, pour les collectivités territoriales, c'est tout de même pain béni. Cinq à six fois moins de services à produire, pour une cotisation fiscale multipliée par 2,5 par le jeu de la taxe d'habitation, réservée désormais à ceux qui n'habitent pas... Voilà peut-être un effet pervers de notre système fiscal.?


Question : est-ce que l'habitat individuel mérite d'être encouragé dans les quartiers pavillonnaires? Réponse : oui. C'est autour des maisons que la nature trouve encore à respirer. Lorsqu'un promoteur s'empare d'un terrain, la végétation bascule dans le décor - arbrisseaux collés aux grillages et calibrés pour ne pas faire de l'ombre aux résidents. L'architecte et son IA exploitent toutes les valeurs maximales autorisées par le PLU. Ce sera pour le bâtiment la plus grande hauteur possible, le plus petit recul possible des trottoirs ou des murs mitoyens. Et jamais ne sera évoqué l'article R 111-27 du code de l'urbanisme qui prescrit pourtant que ledit bâtiment ne doit pas "porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains".
Quelles solutions pour maintenir vivante la trame de la nature ? A moins qu'un PLU nouveau ne vienne sauver le végétal et la biodiversité dans ces espaces, ce qui est possible, il faudrait au moins imaginer des stratégies qui permettent aux acquéreurs individuels de concurrencer les promoteurs lorsque des maisons et leurs terrains sont mis en vente. Car le démarchage incessant des professionnels aboutit, de fait, à soustraire ces biens d'un marché ouvert et compétitif. Des familles vivant à l'année, parfois plusieurs générations confondues, au lieu de résidences vides dix mois sur douze ? En entretenant leur jardin, c'est notre environnement qu'elles protègent. A nous de jouer !


Le respect de la nature a longtemps marqué l’identité de Fréjus jusque dans l'habitat collectif.
Les immeubles construits à l’ancienne respiraient dans la verdure. C’est le cas des « Pins d’Azur», par exemple, sur Hyppolite Fabre, ou de la « Croix du Sud », sur la Place de la Porte d’Hermès. Ici, un permis de construire va conduire à supprimer les magnifiques eucalypsus et pins qui embellissaient la place en abritant un parking utile à tous. Irréparable.
Le long de l’avenue du 8 Mai 1945, les résidences des « Aiguières » ou de l’« Argentière » se protégeaient du bruit derrière des talus verdoyants intelligemment pensés ; un nouveau bâtiment vient d’interrompre l’harmonie, plongeant sur la circulation à la verticale, sans aucun espace de protection. Est-il opportun de laisser l’urbanisme du jour confronter les futures résidents à des nuisances évidentes - bruit, pollution - tout en dégradant une avenue dont l’esthétique ennoblissait la ville?




La promiscuité,


Est-il dans nos gènes d'accepter sans broncher la dégradation et la dévalorisation ? Faudrait-il accepter comme une inexorable fatalité les conséquences d'une telle densification. Rêvons d'un nouveau PLU qui consacre le droit des résidents à une vue plus dégagée...
ça vous tente ? Quelle qualité de vie, pour ceux qui sont derrière, et quel espoir de vie pour ceux qui sont devant et verront, bientôt, un autre mur s'élever devant leur balcon ?
Nous ne sommes pas de grands esthètes mais quelques fautes de goût nous interpellent aussi.
Sur le Quai de la Marine, juste à côté du «Nautilus», va surgir un nouveau bâtiment, dernier maillon de la chaîne de Port Fréjus I. Pourquoi renonce-t-il à la couverture de tuile ? C’était pourtant la signature bienvenue du quartier. Port Fréjus II a ignoré cette esthétique, pour se rallier à la vogue des boites carrées qui déferlent aujourd’hui indifféremment sur tout le pays, du nord au sud et de l'est à l'ouest. N’est-il pas dommage de laisser avancer cette vague, qui lamine la personnalité des régions ? S'il est vrai que la beauté d'un pays tient largement à la vitalité de ses terroirs, c'est en définitive la France qu'on appauvrit là.




Questions de goût...
Nous avons soulevé cette question en mairie : il semblerait que Port Fréjus 1 s'arrête au pont routier, avec l'avenue du Maréchal Leclerc. Ah bon ? Et quid alors du Nautilus et de Port Quiétude ?
