Fréjus-côté jardin : une ville de caractère où il fait bon respirer
la rue Frédéric Mistral
L'avenir de cette petite rue du Quartier du Mas nous a interpellés. Fallait-il accepter l'irruption de buildings sans âme au cœur de ce quartier des poètes et des peintres? Frédéric Mistral et Germain Nouveau sont moins connus que Lamartine ou Victor Hugo et les rues qui portent leur nom n'ont pas la splendeur de l'Avenue de l'Opéra. Mais elles sont un refuge pour la nature, un ancrage pour la biodiversité et même, avec leurs toits de tuiles dans la verdure, une signature bienvenue du caractère méditerranéen de notre ville.
Nous avons adressé en mairie un recours gracieux, appuyé par tout le voisinage, et même une pétition qui a rassemblé plus de 400 signatures, manuscrites ou numériques - et court encore sur le Net sous le titre "sauvons la rue Frédéric Mistral"... Hélas!
Une densification à 200% dans une petite rue à la voirie déjà saturée ? Pas de souci, alors que l'agglo assure vouloir décélérer son urbanisation. Il serait urgent de loger les familles. Sans doute. Sauf qu'au prix du m2, lesdites familles seront priées d'aller voir ailleurs. C'est donc pour de la résidence secondaire qu'on défriche ici. Et pas dans la dentelle!
De magnifiques pins abattus ? Pas de problème en dépit de leur sanctuarisation qui interdit ailleurs aux propriétaires d'y toucher. Le végétal repoussé ? Passez votre chemin, alors que le Scot de l'agglomération prône le développement de la "nature en ville" et la promotion de la "biodiversité ordinaire"... Les riverains consternés de voir, au milieu de maisons basses aux toits de tuiles, pousser des boites carrées aux appartements serrés à la verticale des rues ? Ravalez vos larmes, nous a-t-on expliqué. Le souci affiché d'harmonie visuelle, comme la prose écologiste, ne sont que verbiage décoratif. Il faut apprendre à les sacrifier sur l'autel du Bien commun, de la dynamique de l'emploi et de la croissance économique. "Quand le bâtiment va, tout va!"






le nouveau look du n° 218...
...et à 30m de là, du n° 298
Nos dossiers
Mais que viennent faire ces boites au milieu des pavillons ? C'est beau, nous a-t-on dit, ouvrez les yeux. Et pour le cas où notre sens esthétique serait décidément émoussé, cette consolation à laquelle on n'avait pas pensé : des arbres seront plantés dans les 3m 20 de recul de la construction. Ah bon ? Mais oui, "ce qui, à terme, permettra de minimiser l'impact visuel de la construction"...
